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Monday, January 11, 2010

Apollinaire: Les Colchiques



Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne

Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne




Ronsard used the myth of woman-flower in his poems. Apollinaire uses the myth in reverse: it's a poisonous flower. Love is a poison (by the way, Les Colchiques is part of Apollinaire's volume Alcools - love, like alcohol, fascinates and slowly kills).

Here's an analysis that I found on the web:

The glance which fascinates and kills is a recurring motif at Apollinaire. It is a dialog with one voice (the poet) and one glance (the woman). Also animals are poisoned by the flower, as the poet is poisoned by the eyes and eyelids of the loved woman. Love is withering, down to become a fake. Here is another piece of poetry by Apollinaire, La chanson du mal aimé:

Adieux faux amour confondu
Avec la femme qui s’éloigne
Avec celle que j’ai perdue
L’année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus

The other feminine element in the poem: les mères filles de leurs filles. Like the flower itself, giving the fruit in the spring, blooming in the fall: reversion of seasons, reversion of logic; eyes are like flowers, flowers are like des mères filles de leurs filles (mothers that are the daughters of their daughters).




(Apollinaire)

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