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Wednesday, December 25, 2019

Goethe, Mignon (Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn)

Zitronenbaum
(Bildquelle: Deutschland Lese)
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Gestern war Weihnachten und ich besuchte meine zwei guten alten Freunde, ein wundervolles Paar in den Neunzigern, das ich seit vierzig oder fünfzig Jahren kenne. Sie haben eine besondere Vorliebe für gute Musik und gute Poesie, daher ist es kein Wunder, dass unsere Diskussion mit Rilke und seinem Herbsttag begann und dann zu anderen und anderen Dichtern aus anderen und anderen Regionen führte. Hölderlin, Esenin, Kavafis, Ungaretti. Und plötzlich kam einer von uns mit einer Linie von Goethe, Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn?




Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn,
Im dunklen Laub die Goldorangen glühn,
Ein sanfter Wind vom blauen Himmel weht,
Die Myrte still und hoch der Lorbeer steht?
Kennst du es wohl?
Dahin, dahin
Möcht ich mit dir, o mein Geliebter, ziehn!

Kennst du das Haus? Auf Säulen ruht sein Dach.
Es glänzt der Saal, es schimmert das Gemach,
Und Marmorbilder stehn und sehn mich an:
Was hat man dir, du armes Kind, getan?-
Kennst du es wohl?
Dahin, dahin
Möcht ich mit dir, o mein Beschützer, ziehn! 

Kennst du den Berg und seinen Wolkensteg?
Das Maultier sucht im Nebel seinen Weg.
In Höhlen wohnt der Drachen alte Brut.
Es stürzt der Fels und über ihn die Flut.
Kennst du ihn wohl?
Dahin, dahin
Geht unser Weg.
O Vater, laß uns ziehn!
(Quelle: mtholyoke)






Knowest thou the land where citron-apples bloom,
And oranges like gold in leafy gloom,
A gentle wind from deep blue heaven blows,
The myrtle thick, and high the laurel grows?
Knowest thou it then?
⁠⁠⁠'Tis there! 'Tis there!
O my true loved one, thou with me must go!

"Knowest thou the house, its porch with pillars tall,
The rooms do glitter, glitters bright the hall,
And marble statues stand, and look each one:
What's this, poor child, to thee they've done?
Knowest thou it then?
⁠⁠⁠'Tis there! 'Tis there!
O my protector, thou with me must go!

"Knowest thou the hill, the bridge that hangs on clouds,
The mules in mist grope o'er the torrent loud,
In caves lay coiled the dragon's ancient hood,
The crag leaps down, and over it the flood:
Knowest thou it then?
⁠⁠⁠'Tis there! 'Tis there!
Our way runs; O my father, wilt thou go?
(source: Wiki)






Ştii tu de țara cu lămâi  în floare,
Cu portocale-aprinse-ntre frunzare?
Un vânt uşor din ceru-albastru bate.
Tăcut e mirtul, laurul înalt e
Ştii țara, tu?
La ea, la ea,
Iubitul meu, cu tine aş pleca.

Ştii casa, tu? Se-nalță pe coloane.
Străluce sala, licăresc cotloane,
Şi marmuri stau şi mă privesc cu milă:
Ce ți-au făcut, sărmana mea copilă?
Ştii casa, tu?
La ea, la ea,
Cu tine-ocrotitorule-aş pleca.

Poteca ştii, prin nouri, sus, la munte?
Catâru-şi cată drumu-n ceți cărunte;
În peşteri stă un neam străvechi de zmei;
Puhoaie cad, se prăvăleşte stei,
Poteca ştii?
La ea, la ea,
Ne duce drumul! Tată, de-am pleca!
(source: Poeții Noştri)






Connais-tu la contrée où les citronniers fleurissent ? 
Dans le sombre feuillage brillent les pommes d’or ; 
un doux vent souffle du ciel bleu ; 
le myrte discret s’élève auprès du superbe laurier…. 
La connais-tu ?
C’est là, c’est là, ô mon bien-aimé, 
que je voudrais aller avec toi.

Connais-tu la maison? 
Son toit repose sur des colonnes ; la salle brille, les chambres resplendissent, 
et les figures de marbre se dressent et me regardent. 
Que vous a-t-on fait, pauvre enfant ?
 La connais-tu ?
C’est là, c’est là, ô mon protecteur, 
que je voudrais aller avec toi.

Connais-tu la montagne et son sentier dans les nuages? 
La mule cherche sa route dans le brouillard ; 
dans les cavernes habite l’antique race des dragons ; 
le rocher se précipite et, après lui, le torrent. 
La connais-tu ?
C’est là, c’est là que passe notre chemin : 
ô mon père, partons !


William Bouguereau: Fille portant des citrons
oil on canvas, 1899, Israel Museum
(source: wiki)
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¿Conoces el país donde florece el limonero,
centellean las naranjas doradas entre el follaje oscuro,
una suave brisa sopla bajo el cielo azul,
y hallar se puede al silencioso mirto y al alto laurel?
¿Lo conoces acaso?
¡Hacia allí, hacia allí 
quisiera yo ponerme en camino junto a ti, amado mío!

¿Conoces la casa? Sobre columnas descansa su techo,
la sala resplandece, el aposento brilla
y las estatuas de mármol se alzan ante mí contemplándome:
¿Qué te han hecho, pobre criatura?
¿La conoces acaso?
¡Hacia allí, hacía allí
quisiera yo ponerme en camino junto a ti, mi protector!

¿Conoces la montaña y su puente alzado entre las nubes?
La mula busca su camino a través de la niebla;
en cavernas habita la antigua raza de los dragones;
¡al abismo se arroja la roca y sobre ella el torrente!
¿La conoces acaso?
¡Hacia allí, hacia allí
se dirige nuestra senda! ¡Oh, padre, pongámonos en camino!
(source: kareol)



(source: flickr)
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Знаешь, где лимонов жёлтых край, 
Где спелых апельсинов урожай? 
Где в лавр высокий ветерок влюблён,
Под ним в тиши лелея мирта сон?
Ты знаешь где?
Туда, туда,
Хотела бы с тобой, любимый, навсегда!

Колонны дома видел? высь их, мощь
Под крышею среди зелёных рощ,
Где статуи как будто бы твердят:
Что сталось с тобой, бедное дитя?
Ты знаешь где?
Туда, туда,
О, мой защитник, нам бы навсегда!

Тропу в тумане видел ты в горах?
Спотыкавшегося мула на камнях?
Гнездо на круче, где пищу клювом рвал 
Орёл птенцу над пропастью средь скал? 
Ты знаешь где?
Туда, туда,
Уйдём, отец, с тобою навсегда!
(source: стихи)




(Goethe und Schiller)

(Aimez-vous Brahms?)

(Schubert)

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Sunday, December 15, 2013

Alfred de Musset, Souvenir

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C'était le brouillard, ce matin. Temps pour faire revenir vieux histoires et vieux chants d'amour.


Souvenir, le poème d'Alfred de Musset, dernier écho de sa passion pour George Sand (Gilles-Claude Thériault).

The tale of his celebrated love affair with George Sand which lasted from 1833 to 1835, is told from his point of view in his autobiographical novel, La Confession d'un Enfant du Siècle (made into a film, Children of the Century), and from her point of view in her Elle et lui. Musset's Nuits trace his emotional upheaval of his love for George Sand, from early despair to final resignation (wiki).


J'espérais bien pleurer, mais je croyais souffrir
En osant te revoir, place à jamais sacrée,
Ô la plus chère tombe et la plus ignorée
          Où dorme un souvenir !

Que redoutiez-vous donc de cette solitude,
Et pourquoi, mes amis, me preniez-vous la main,
Alors qu'une si douce et si vieille habitude
          Me montrait ce chemin ?

Les voilà, ces coteaux, ces bruyères fleuries,
Et ces pas argentins sur le sable muet,
Ces sentiers amoureux, remplis de causeries,
          Où son bras m'enlaçait.

Les voilà, ces sapins à la sombre verdure,
Cette gorge profonde aux nonchalants détours,
Ces sauvages amis, dont l'antique murmure
          A bercé mes beaux jours.

Les voilà, ces buissons où toute ma jeunesse,
Comme un essaim d'oiseaux, chante au bruit de mes pas.
Lieux charmants, beau désert où passa ma maîtresse,
          Ne m'attendiez-vous pas ?

Ah ! laissez-les couler, elles me sont bien chères,
Ces larmes que soulève un cœur encor blessé !
Ne les essuyez pas, laissez sur mes paupières
          Ce voile du passé !

Je ne viens point jeter un regret inutile
Dans l'écho de ces bois témoins de mon bonheur.
Fière est cette forêt dans sa beauté tranquille,
          Et fier aussi mon cœur.

Que celui-là se livre à des plaintes amères,
Qui s'agenouille et prie au tombeau d'un ami.
Tout respire en ces lieux ; les fleurs des cimetières
          Ne poussent point ici.

Voyez ! la lune monte à travers ces ombrages.
Ton regard tremble encor, belle reine des nuits;
Mais du sombre horizon déjà tu te dégages,
          Et tu t'épanouis.

Ainsi de cette terre, humide encor de pluie,
Sortent, sous tes rayons, tous les parfums du jour;
Aussi calme, aussi pur, de mon âme attendrie
          Sort mon ancien amour.

Que sont-ils devenus, les chagrins de ma vie ?
Tout ce qui m'a fait vieux est bien loin maintenant;
Et rien qu'en regardant cette vallée amie
          Je redeviens enfant.

Ô puissance du temps ! ô légères années !
Vous emportez nos pleurs, nos cris et nos regrets;
Mais la pitié vous prend, et sur nos fleurs fanées
          Vous ne marchez jamais.

Tout mon cœur te bénit, bonté consolatrice !
Je n'aurais jamais cru que l'on pût tant souffrir
D'une telle blessure, et que sa cicatrice
          Fût si douce à sentir.

Loin de moi les vains mots, les frivoles pensées,
Des vulgaires douleurs linceul accoutumé,
Que viennent étaler sur leurs amours passées
          Ceux qui n'ont point aimé !

Dante, pourquoi dis-tu qu'il n'est pire misère
Qu'un souvenir heureux dans les jours de douleur ?
Quel chagrin t'a dicté cette parole amère,
          Cette offense au malheur ?

En est-il donc moins vrai que la lumière existe,
Et faut-il l'oublier du moment qu'il fait nuit ?
Est-ce bien toi, grande âme immortellement triste,
          Est-ce toi qui l'as dit ?

Non, par ce pur flambeau dont la splendeur m'éclaire,
Ce blasphème vanté ne vient pas de ton cœur.
Un souvenir heureux est peut-être sur terre
          Plus vrai que le bonheur.

Eh quoi ! l'infortuné qui trouve une étincelle
Dans la cendre brûlante où dorment ses ennuis,
Qui saisit cette flamme et qui fixe sur elle
          Ses regards éblouis ;

Dans ce passé perdu quand son âme se noie,
Sur ce miroir brisé lorsqu'il rêve en pleurant,
Tu lui dis qu'il se trompe, et que sa faible joie
          N'est qu'un affreux tourment !

Et c'est à ta Françoise, à ton ange de gloire,
Que tu pouvais donner ces mots à prononcer,
Elle qui s'interrompt, pour conter son histoire,
          D'un éternel baiser !

Qu'est-ce donc, juste Dieu, que la pensée humaine,
Et qui pourra jamais aimer la vérité,
S'il n'est joie ou douleur si juste et si certaine
          Dont quelqu'un n'ait douté ?

Comment vivez-vous donc, étranges créatures ?
Vous riez, vous chantez, vous marchez à grands pas;
Le ciel et sa beauté, le monde et ses souillures
          Ne vous dérangent pas ;

Mais, lorsque par hasard le destin vous ramène
Vers quelque monument d'un amour oublié,
Ce caillou vous arrête, et cela vous fait peine
          Qu'il vous heurte le pied.

Et vous criez alors que la vie est un songe ;
Vous vous tordez les bras comme en vous réveillant,
Et vous trouvez fâcheux qu'un si joyeux mensonge
          Ne dure qu'un instant.

Malheureux ! cet instant où votre âme engourdie
A secoué les fers qu'elle traîne ici-bas,
Ce fugitif instant fut toute votre vie ;
          Ne le regrettez pas !

Regrettez la torpeur qui vous cloue à la terre,
Vos agitations dans la fange et le sang,
Vos nuits sans espérance et vos jours sans lumière
          C'est là qu'est le néant !

Mais que vous revient-il de vos froides doctrines ?
Que demandent au ciel ces regrets inconstants
Que vous allez semant sur vos propres ruines,
          À chaque pas du Temps ?

Oui, sans doute, tout meurt; ce monde est un grand rêve,
Et le peu de bonheur qui nous vient en chemin,
Nous n'avons pas plus tôt ce roseau dans la main,
          Que le vent nous l'enlève.

Oui, les premiers baisers, oui, les premiers serments
Que deux êtres mortels échangèrent sur terre,
Ce fut au pied d'un arbre effeuillé par les vents,
Sur un roc en poussière.


Ils prirent à témoin de leur joie éphémère
Un ciel toujours voilé qui change à tout moment,
Et des astres sans nom que leur propre lumière
          Dévore incessamment.

Tout mourait autour d'eux, l'oiseau dans le feuillage,
La fleur entre leurs mains, l'insecte sous leurs pieds,
La source desséchée où vacillait l'image
          De leurs traits oubliés ;

Et sur tous ces débris joignant leurs mains d'argile,
Étourdis des éclairs d'un instant de plaisir,
Ils croyaient échapper à cet Être immobile
          Qui regarde mourir !

- Insensés ! dit le sage ? Heureux ! dit le poète.
Et quels tristes amours as-tu donc dans le cœur,
Si le bruit du torrent te trouble et t'inquiète,
          Si le vent te fait peur ?

J'ai vu sous le soleil tomber bien d'autres choses
Que les feuilles des bois et l'écume des eaux,
Bien d'autres s'en aller que le parfum des roses
          Et le chant des oiseaux.

Mes yeux ont contemplé des objets plus funèbres
Que Juliette morte au fond de son tombeau,
Plus affreux que le toast à l'ange des ténèbres
          Porté par Roméo.

J'ai vu ma seule amie, à jamais la plus chère,
Devenue elle-même un sépulcre blanchi,
Une tombe vivante où flottait la poussière
          De notre mort chéri,

De notre pauvre amour, que, dans la nuit profonde,
Nous avions sur nos cœurs si doucement bercé !
C'était plus qu'une vie, hélas ! c'était un monde
          Qui s'était effacé !

Oui, jeune et belle encor, plus belle, osait-on dire,
Je l'ai vue, et ses yeux brillaient comme autrefois.
Ses lèvres s'entrouvraient, et c'était un sourire,
          Et c'était une voix ;

Mais non plus cette voix, non plus ce doux langage,
Ces regards adorés dans les miens confondus;
Mon cœur, encor plein d'elle, errait sur son visage,
          Et ne la trouvait plus.

Et pourtant j'aurais pu marcher alors vers elle,
Entourer de mes bras ce sein vide et glacé,
Et j'aurais pu crier : « Qu'as-tu fait, infidèle,
          Qu'as-tu fait du passé ? »

Mais non : il me semblait qu'une femme inconnue
Avait pris par hasard cette voix et ces yeux;
Et je laissai passer cette froide statue
          En regardant les cieux.

Eh bien ! ce fut sans doute une horrible misère
Que ce riant adieu d'un être inanimé.
Eh bien ! qu'importe encore ? Ô nature ! ô ma mère !
          En ai-je moins aimé ?

La foudre maintenant peut tomber sur ma tête ;
Jamais ce souvenir ne peut m'être arraché !
Comme le matelot brisé par la tempête,
          Je m'y tiens attaché.

Je ne veux rien savoir, ni si les champs fleurissent ;
Ni ce qu'il adviendra du simulacre humain,
Ni si ces vastes cieux éclaireront demain
          Ce qu'ils ensevelissent.

Je me dis seulement :  À cette heure, en ce lieu,
Un jour, je fus aimé, j'aimais, elle était belle.
J'enfouis ce trésor dans mon âme immortelle,
          Et je l'emporte à Dieu !


février 1841



Illustration : Comme sortie des aquarelles de George Sand, photographie de Ghislaine Dupré, de l'album Le-Berry-de-George-Sand (29 octobre 2008). Avec l'aimable autorisation de l'artiste.

Ambiance musicale : Quatuor à cordes en ré mineur D. 810  La Jeune Fille et la Mort , deuxième mouvement, andante con moto, de Franz Schubert. Avec les violonistes Anton Kamper et Karl Maria Titze, l'altiste Erich Weis et le violoncelliste Franz Kvarda du quatuor à cordes Vienna Konzerthaus. (enregistrement 1950-1953 -- domaine public -- Musigratis)


(Alfred de Musset)

(Schubert)

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Monday, July 08, 2013

From Sycamore Island to Sycamore Store

Glen Echo Trolley, once upon a time
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The old trackage of the Glen Echo Trolley; it was linking the Potomac countryside in Maryland to downtown Washington. The streetcars in DC stopped functioning in the sixties. Traces remain here and there, like this one, on the passage between Potomac and the MacArthur Boulevard, a footpath connecting Sycamore Island and Sycamore Store. A path that starts from the place where a small ferry is bringing you from the island, then the path is going up on a bridge over the Canal, then up toward a second bridge, over Clara Barton Parkway; and here comes the remnant of the old trackage, it used to be a stop here in the old days, now it looks rather Tarkovskian, sic transit gloria mundi (thus passes the glory of the world, in case you are not familiar with Latin); then the path finds its way to Mac Arthur Boulevard across Sycamore Store.

I tried to shot two videos: the first one with a wonderful musical background, the second, well I tried some experimental sound (it looks to me more Tarkovskian, believe me or not)


(Musical background: Schubert - The Trout, Quintet For Piano In A Major
Tema Con Variazioni, Andante





(Looking for the Old Trolley)

(Tarkovsky)

(Schubert)

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Wednesday, May 29, 2013

Gesang der Geister über den Wassern

(http://www.hoppebaumdienst.de/Kultur.html)
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Des Menschen Seele
Gleicht dem Wasser:
Vom Himmel kommt es,
Zum Himmel steigt es,
Und wieder nieder
Zur Erde muß es,
Ewig wechselnd.

Strömt von der hohen,
Steilen Felswand
Der reine Strahl,
Dann stäubt er lieblich
In Wolkenwellen
Zum glatten Fels,
Und leicht empfangen,
Wallt er verschleiernd,
Leisrauschend
Zur Tiefe nieder.

Ragen Klippen
Dem Sturz entgegen,
Schäumt er unmutig
Stufenweise
Zum Abgrund.

Im flachen Bette
Schleicht er das Wiesental hin,
Und in dem glatten See
Weiden ihr Antlitz
Alle Gestirne.

Wind ist der Welle
Lieblicher Buhler;
Wind mischt vom Grund aus
Schäumende Wogen.

Seele des Menschen,
Wie gleichst du dem Wasser!
Schicksal des Menschen,
Wie gleichst du dem Wind!




The soul of man
Is like the water:
It comes from heaven,
It returns to heaven,
And down again
To earth must go,
Ever changing.

When from the high,
Sheer wall of rock
The pure stream gushes,
It sprays its lovely vapor
In billowing clouds
Towards the smooth rock,
And lightly received,
It goes enshrouded,
Softly hissing
Down to the deep.

Cliffs tower,
Opposing its fall.
Annoyed, it foams
Step by step
Into the abyss.

In a flat bed
It slinks down the grassy vale,
And in the waveless lake
All the stars
Feast on their likeness.

Wind is the wave's
Handsome suitor;
Wind stirs up from the depths
Foaming billows.

Soul of man,
How like to the water!
Fate of man,
How like to the wind!


(http://www.youtube.com/watch?v=a1UfJGorEc0)
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Sufletul nostru
I-asemeni apei:
Din cer se iscă,
La cer se suie
Şi iar coboară
Către pămînturi,
Veşnic altfel.

De sus ţîşneşte,
Din stînci abrupte,
Şuvoi curat,
Apoi se sparge
În nori de spumă,
Pe stei golaş.

Primit uşure,
Se-nvăluieşte-n
Vuiet blînd,
Jos, spre adîncuri.

De-apar în drumu-i
Stînci împotrivă,
Spumegă-amarnic,
Treaptă cu treaptă,
Către-abis.

Pe patu-i molcom,
Şerpuie-n văile verzi,
Şi-n lacul cel neted,
Chipul îşi scaldă
Stelele toate.

Vîntu-i al undei
Dulce logodnic;
El,din străfunduri,
Mişcă talazuri.

Suflet al nostru,
Cum semeni tu apei!
Soartă a noastră,
Cum semeni cu vîntul!


(Schubert)

(Goethe und Schiller)

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A Posthumous Lithograph of Schubert

a lithograph by Josef Kriehuber
source: Project Gutenberg text 11419
(http://en.wikipedia.org/wiki/File:Franz_Schubert.jpg)
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(Schubert)

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Friday, August 24, 2012

The Glasses of Schubert

The Glasses of Schubert, Haus der Musik, Vienna
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(Old Masters)

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