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Monday, May 16, 2016

Massillon, Sur le petit nombre des élus (1699), Première Partie - et Bach, Contrapunctus XV

Massillon, Le Petit Carême
(source: Price Minister)
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... la foi s’affaiblissant en commençant à s’étendre, le nombre des justes diminuant à mesure que celui des fidèles augmentait, le progrès de l’Évangile a, ce semble, arrêté celui de la piété ; et le monde entier devenu chrétien a porté enfin avec lui dans l’Église sa corruption et ses maximes ... Le français de Massillon prend ici une qualité polyphonique : chaque phrase est une unité de deux thèmes contraires qui se soutiennent mutuellement ; chaque thème trouve son argument dans la thème contraire et le tout devient un subtil contrepoint. Bach vient à l'esprit (pensez par exemple à son Contrapunctus XV - Canon per Augmentationem in Contrario Motu de son Art de la Fugue)


Première Partie

Peu de gens se sauvent, parce qu’on ne peut comprendre dans ce nombre que deux sortes de personnes, ou celles qui ont été assez heureuses pour conserver leur innocence pure et entière, ou celles qui, après l’avoir perdue, l’ont retrouvée dans les travaux de la pénitence : première cause. Il n’y a que ces deux voies de salut ; et le ciel n’est ouvert, ou qu’aux innocents ou qu’aux pénitents. Or, de quel côté êtes-vous ? êtes-vous innocent ? êtes-vous pénitent ? Rien de souillé n’entrera dans le royaume de Dieu : il faut donc y porter ou une innocence conservée ou une innocence recouvrée. Or, mourir innocent est un privilège où peu d’âmes peuvent aspirer ; vivre pénitent est une grâce que les adoucissements de la discipline et le relâchement de nos mœurs rendent presque encore plus rare. En effet, qui peut prétendre aujourd’hui au salut par un titre d’innocence ? Où sont ces âmes pures en qui le péché n’ait jamais habité, et qui aient conservé jusqu’à la fin le trésor sacré de la première grâce que l’Église leur avait confié dans le baptême, et que Jésus-Christ leur redemandera au jour terrible des vengeances ? Dans ces temps heureux où toute l’Église n’était encore qu’une assemblée de saints, il était rare de trouver des fidèles qui, après avoir reçu les dons de l’Esprit Saint, et confessé Jésus-Christ dans le sacrement qui nous régénère, retombassent dans le dérèglement de leurs premières mœurs. Auanie et Saphire furent les seuls prévaricateurs de l’Église de Jérusalem ; celle de Corinthe ne vit qu’un incestueux ; la pénitence canonique était alors un remède rare ; et à peine parmi ces vrais Israélites se trouvait-il un seul lépreux qu’on fut obligé d’éloigner de l’autel saint, et de séparer de la communion de ses frères.

Mais depuis, la foi s’affaiblissant en commençant à s’étendre, le nombre des justes diminuant à mesure que celui des fidèles augmentait, le progrès de l’Évangile a, ce semble, arrêté celui de la piété ; et le monde entier devenu chrétien a porté enfin avec lui dans l’Église sa corruption et ses maximes. Hélas ! nous nous égarons presque tous dès le sein de nos mères : le premier usage que nous faisons de notre cœur est un crime ; nos premiers penchants sont des passions, et notre raison ne se développe et ne croît que sur les débris de notre innocence. La terre, dit un prophète, est infectée par la corruption de ceux qui l’habitent ; tous ont violé les lois, changé les ordonnances, rompu l’alliance qui devait durer éternellement ; tous opèrent l’iniquité, et à peine s’en trouve-t-il un seul qui fasse le bien ; l’injustice, la calomnie, le mensonge, la perfidie, l’adultère, les crimes les plus noirs, ont inondé la terre : Mendacium, et furtum, et adullerium, inundavenmt.

Le frère dresse des embûches au frère ; le père est séparé de ses enfants, l’époux de son épouse ; il n’est point de lien qu’un vil intérêt ne divise ; la bonne foi n’est plus que la vertu des simples ; les haines sont éternelles ; les réconciliations sont des feintes, et jamais on ne regarde un ennemi comme un frère : on se déchire, on se dévore les uns les autres ; les assemblées ne sont plus que des censures publiques ; la vertu la plus entière n’est plus à couvert de la contradiction des langues ; les jeux sont devenus ou des trafics, ou des fraudes, ou des fureurs ; les repas, ces liens innocents de la société, des excès dont on n’oserait parler ; les plaisirs publics, des écoles de lubricité : notre siècle voit des horreurs que nos pères ne connaissaient même pas ; la ville est une Ninive pécheresse ; la cour est le centre de toutes les passions humaines ; et la vertu, autorisée par l’exemple du souverain, honorée de sa bienveillance, animée par ses bienfaits, y rend le crime plus circonspect, mais ne l’y rend pas peut-être plus rare : tous les états, toutes les conditions ont corrompu leurs voies ; les pauvres murmurent contre la main qui les frappe ; les riches oublient l’auteur de leur abondance ; les grands ne semblent être nés que pour eux-mêmes, et la licence paraît le seul privilège de leur élévation ; le sel même de la terre s’est affadi ; les lampes de Jacob se sont éteintes ; les pierres du sanctuaire se traînent indignement dans la boue des places publiques, et le prêtre est devenu semblable au peuple. O Dieu ! est-ce donc là votre Église et l’assemblée des saints ? Est-ce là cet héritage si chéri, cette vigne bien-aimée, l’objet de vos soins et de vos tendresses ? et qu’offrait de plus coupable à vos yeux Jérusalem, lorsque vous la frappâtes d’une malédiction éternelle ? Voilà donc déjà une voie de salut fermée presque à tous les hommes : tous se sont égarés. Qui que vous soyez qui m’écoutez ici, il a été un temps où le péché régnait en vous : l’âge a peut- être calmé vos passions, mais quelle a été votre jeunesse ? Des infirmités habituelles vous ont peut-être dégoûté du monde ; mais quel usage faisiez-vous avant cela de la santé ? un coup de la grâce a peut-être changé votre cœur ; mais tout le temps qui a précédé ce changement, ne priez-vous pas sans cesse le Seigneur qu’il l’efface de son souvenir ?

Mais à quoi m’amusé-je ? Nous sommes tous pécheurs, ô mon Dieu ! et vous nous connaissez. Ce que nous voyons même de nos égarements n’en est peut-être à vos yeux que l’endroit le plus supportable : et, du côté de l’innocence, chacun de nous convient assez qu’il n’a plus rien à prétendre au salut. Il ne reste donc plus qu’une ressource : c’est la pénitence. Après le naufrage, disent les saints, c’est la planche heureuse qui seule peut encore nous mener au port ; il n’y a plus d’autre voie de salut pour nous. Qui que vous soyez qui avez été pécheur, prince, sujet, grand, peuple, la pénitence seule peut vous sauver.

Or, souffrez que je vous demande où sont les pénitens parmi nous ? où sont-ils ? forment-ils dans l’Église un peuple nombreux ? Vous en trouverez plus, disoit autrefois un Père, qui ne soient jamais tombés, que vous n’en trouverez qui, après leur chute, se soient l’élevés par une véritable pénitence : cette parole est terrible. Mais je veux que ce soit là une de ces expressions qu’il ne faut pas trop presser, quoique les paroles des Saints soient toujours respectables. Ne portons pas les choses si loin ; la vérité est assez terrible, sans y ajouter de nouvelles terreurs par de vaines déclamations. Examinons seulement si du côté dela pénitence nous sommes en droit, la plupart, de prétendre au salut. Qu’est-ce qu’un pénitent ? Un pénitent, disoit autrefois Tertullien, est un Fidèle qui sent, tous les momens de la vie, le malheur qu’il a eu de perdre et d’oublier autrefois son Dieu ; qui a sans cesse son péché devant les yeux ; qui en retrouve par-tout le souvenir et les tristes images : un pénitent, c’est un homme chargé des intérêts de la justice de Dieu contre lui-même ; qui s’interdit les plaisirs les plus innocens, parce qu’il s’en est permis de criminels ; qui ne souffre les plus nécessaires qu’avec peine ; qui ne regarde plus son corps que comme un ennemi qu’il faut affoiblir, comme un rebelle qu’il faut châtier, comme un coupable à qui désormais il faut presque tout refuser, comme un vase souille qu’il faut purifier, comme un débiteur infidèle, dont il faut exiger jusqu’au dernier denier ; un pénitent, c’est un criminel qui s’envisage comme un homme destiné à la mort, parce qu’il ne mérite plus de vivre ; ses mœurs par conséquent, sa parure, ses plaisirs mêmes, doivent avoir je ne suis quoi de triste et d’austère, et il ne doit plus vivre que pour souffrir ; un pénitent ne voit dans la perte de ses biens et de sa santé, que la privation des faveurs dont il a abusé ; dans les humiliations qui lui arrivent, que la peine de son péché ; dans les douleurs qui le déchirent, que le commencement des supplices qu’il a mérités ; dans les calamités publiques qui affligent ses frères, que le châtiment peut- être de ses crimes particuliers : voilà ce que c’est qu’un pénitent. Mais je vous demande encore, où sont parmi nous les pénitens de ce caractère ? où sont-ils ?

Ah ! les sit les de nos pères en voyoient encore aux portes de nos temples : c’étoient des pécheurs moins coupables que nous sans doute, de tout rang, de tout âge, de tout état ; prosternés devant le vestibule du temple ; couverts de cendre et de ciliee ; conjurant leur » frères qui entroient dans la maison du Seigneur, d’obtenir de sa clémence le pardon de leurs fautes ; exclus de la participation à l’autel, et de l’assistance même aux mystères sacrés ; passant les années entières dans l’exercice des jeûnes, des macérations, des prières, et dans des épreuves si laborieuses, que les pécheurs les plus scandaleux ne voudroient pas les soutenir aujourd’hui un seul jour ; privé » non-seulement des plaisirs publics, mais encore des douceurs de la société, de la communication avec leurs frères, de la joie commune des solennités ; vivant comme des anathèmes, séparés de l’assemblée sainte ; dépouillés même pour un temps de toutes les marques de leur grandeur selon le siècle, et n’ayant plus d’autre consolation, que celle de leurs larmes et de leur pénitence.

Tels étoient autrefois les pénitens dans l’Église : si l’on y voyoit encore des pécheurs, le spectacle de leur pénitence édifioit bien pins l’assemblée des Fidèles, que leurs chutes ne l’u voient scandalisée ; c’étoient de ces fautes heureuses, qui devenoient plus utiles que l’innocence même. Je sais qu’une sage dispensation a obligé l’Église de se relâcher des épreuves publiques de la pénitence ; et si j’en rappelle ici l’histoire, ce n’est pas pour blâmer la prudence des Pasteurs qui en ont aboli l’usage, mais pour déplorer la corruption générale des Fidèles qui les y a forcés. Le changement des mœurs et des siècles entraine nécessairement avec eux les variations de la discipline. La police extérieure, fondée sur les lois des hommes a pu changer ; la loi de la pénitence, établie sur l’Evangile et sur la parole de Dieu, est toujours la même. Les degrés publics de la pénitence ne subsistent plus, il est vrai ; mais les rigueurs et l’esprit de la pénitence sont encore les mêmes, et ne sauroient jamais prescrire. On peut satisfaite à l’Église sans subirles peines publiques qu’elle imposoit autrefois ; on ne peut satisfaire à Dieu sans lui en offrir de particulières qui Ici íga lernte ; qui ea soient one ju&te compensation.

Or, regardez autour de vous : je ne dis pas que vous jugiez vos frères ; mais examinez quels sont les mœurs de tous ceux qui vous environnent : je ne parle pas même ici de ces pécheurs déclarés qui ont secoué le joug, et qui ne gardent plus de mesures dans le crime ; je ne parle quelle ceux qui vous ressemblent, qui sont dans des mœurs communes, et dont la vie n’offre rien de scandaleux ni decriant : ils sont pécheurs, ils en conviendront ; vous n’êtes pas innocent, et vous en convenez vous-même : or, sont-ils pénitens, et l’étes-vous ? L’âge, les emplois, des soins plus sérieux vous ont fait peut-être revenir des emporrnmens d’une première jeunesse ; peut-être même les amertumes que la bonté de Dieu a pris plaisir de répandre sur vos passions, les perfidies, les bruits désagréables, une fortune reculée, la « santé ruinée, des affaires en décadence, tout cela a refroidi et retenu les penchans déréglés de votre cœur : le crime vous a dégoùlé du crime même ; les passions d’elles -mêmes se sont peu à peu éteintes ; le temps et la seule inconstance du cœur a rompu vos liens. Cependant, dégoûté des créatures, vous n’en êtes pas plus vif pour votre Dieu : vous êtes devenu plus prudent, plus régulier, selon le monde, plus homme de probité, plus exact à remplir vos devoirs publics et particuliers ; mais vous n’êtes pas pénitent ; vous avez cessé vos désordres, mais vous ne les avez pas expiés, mais vous ne vous êtes pas converti, mais ce grand coup qui change le cœur et qui renouvelle tout l’homme, vous ne l’avez pas encore senti.

Cependant cet état si dangereux n’a rien qui vous alarme : des péchés qui n’ont jamais été purifiés par une sincère pénitence, ni par conséquent remis devant Dieu, sont à vos yeux comme s’ils n’étoient plus ; et vous mourrez tranquille dans une impénitence d’autaut plus dangereuse, que vous mourrez sans la connoître. Ce n’est pas ici une simple expression et un mouvement de zèle ; rien n’est plus réel et plus exactement vrai ; c’est la situation de presque tous les hommes, et même des plus sages et des plus approuvés dans le monde : les premières mœurs sont toujours licencieuses ; l’âge, les dégoûts, un établissement fixent le cœur, retirent du désordre, réconcilient même avec les saints mystères : mais où sont ceux qui ee convertissent ? où sont ceux qui expient leurs crimes par des larmes et des macérations ? où sont ceux, qui, après avoir commencé comme des pécheurs, finissent comme des pénitens ? où sont-ils ? je vous le demande.

Montrez-moi seulement dans vos mœurs des traces légères de pénitence. Quoi ? les lois de l’Église ? mais elles ne regardent plus les personnes d’un certain rang, et l’usage en a presque fait des devoirs obscurs et populaires. Quoi ? les soins de la fortune, les inquiétudes de la faveur et de la prospérité, les fatigues du service, les dégoûts et les gênes de la Cour, les assujettissemens des emplois et des bien- séances ? mais voudriez-vous mettre vos crimes au nombre de vos vertus ; que Dieu vous tint compte des travaux que vous n’endurez pas pour lui ; que votre ambition, votre orgueil, votre cupidité vous déchargeassent d’une obligation qu’elles-mêmes vous imposent ? vous êtes pénitent du monde ; mais vous ne l’êtes pas de J. C. Quoi enfin ? les infirmités dont Dieu vous afflige ? les ennemis qu’il vous suscite ? les disgraces et les pertes qu’il vous ménage ? mais recevez vous ces coups avec soumission seulement ? et loin d’y trouver des occasions de pénitence, n’en faites-vous pas la matière de nouveaux crimes ? Mais quand vous seriez fidèle sur tous ces points, seriez- vous pénitent ? Ce sont les obligations d’une ame innocente, de recevoir avec soumission les coups dont Dieu la frappe ; de remplir avec courage les devoirs pénibles de son état ; d’être fidele aux lois de l’Église : mais vous, qui êtes pécheur, ne devez-vous rien au- delà ? Et cependant vous prétendez au salut ; mais sur quel titre ? Dire que vous êtes innocent devant Dieu, votre conscience rendroit témoignage contre vous-même : vouloir nous persuader que vous êtes pénitent, vous n’oseriez, et vous vous condamneriez par votre propre bouche : sur quoi donc pouvez-vous compter, ô homme qui vivez si tranquille : Ubi est ergà gloriatio tua ( Rom. 3 ; 27 ).

Et ce qu’il y a ici de terrible, c’est qu’en cela vous ne faites que suivre le torrent : vos mœurs sont les mœurs de presque tous les hommes. Vous en connoissez peut-être de plus coupables que von » ( car je suppose qu’il vous reste encore des sentimens de religion, et quelque soin de votre salut ) ;  mais de véritables pénitens, ru connoissez-vous ? Il faut les aller chercher dans les cloîtres et dans les solitudes : vous complez à peine parmi les personnes de votre sang et de votre état, un petit nombre d’ames dont les mœurs plus austères que celles du commun, s’attirent les regards, et peut-être aussi la censure du public ; tout le reste marche dans la même voie. Je vois que chacun se rassure sur son voisin ; que les enfans succèdent là-dessus à la fausse sécurité de leurs pères ; que nul ne vit innocent ; que nul ne meurt pénitent :  je le vois et je m’écrie : O Dieu ! si vous ne nous avez pas trompés ; si tout ce que vous nous avez dit sur la voie qui conduit à la vie, doit s’accomplir jusqu’à un point ; si le nombre de ceux qu’il faudroit perdre, ne vous fait rien rabattre de la sévérité de vos lois, où va donc se rendre cette multitude infinie de créaturesqui disparoissent tous les jours à nos yeux ? Où sont nos amis, nos proches, nos maîtres, nos sujets qui nous ont précédés ; et quelle est leur destinée dans la région éternelle des morts ? Que serons-nous un jour nous-mêmes ?

Lorsqu’autrefois un Prophète se plaignoit au Seigneur, que tous avoient abandonné son alliance dans Israël, il répondit qu’il s’étoit encore réservé sept mille hommes qui n’avoient pas fléchi le genou devint Baal : c’est tout ce qu’un royaume entier renferrooit alors d’ames pures et fidèles. Mais pourriez-vous encore aujourd’hui, ô mon Dieu ! consoler les gémissemens de vos serviteurs par la même assurance ? Je sais que votre œil discerne encore des Justes au milieu de nous ; que le sacerdoce a encore ses Planée ; la magistrature ses Samuel ; l’épée ses Josué ; la Cour ses Daniel, ses Esther et ses David ; car le monde ne subsiste que pour vos Elus, et tout seroit détruit si leur nombre étoit accompli : mais ces restes heureux des enfans d’Israël qui se sauveront, que sont-ils, comparés aux grains de sable de la mer ; je veux dire à cette multitude infinie qui se damne ? Venez nous demander après cela, M. F., s’il est vrai que peu seront sauvés. Vous.l’avez dit, ô mon Dieu ? et par-là c’est une vérité qui demeure éternellement. Mais quand Dieu ne l’auroit pas dit, je ne voudrais en second lieu, que voir un instant ce qui se passe parmi les hommes ; les lois sur lesquelles ils se gouvernent, les maximes qui sont devenues les règles de la multitude : et c’est ici la seconde cause de la rareté des Elus, qui n’est proprement qu’un développement de la première ; la force des coutumes et des usages.




Contrapunctus XV - Canon per Augmentationem in Contrario Motu
(vidéo par aniMIDIfy)



(Massillon)

(The B A C H motif)

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Friday, February 14, 2014

Toccata and Fugue in D Minor played on Bayan

Vitaly Dmitriev
(http://www.accordionusa.com/chicago.htm)
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Vitaly Dmitriev is a well-known Russian accordionist and bayan player, coming from a family of musicians: his father, Alexander Dmitriev, belongs to the elite of bayan artistry.






(The B A C H motif)

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Tuesday, June 18, 2013

Glass Harp-Toccata and Fugue in D minor-Bach-BWV 565

Robert Tiso playing at his glass harp
(http://www.roberttiso.com/)
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(The B A C H motif)

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Tuesday, April 30, 2013

Wachet auf, ruft uns die Stimme



Then shall the kingdom of heaven be likened unto ten virgins, which took their lamps, and went forth to meet the bridegroom. And five of them were wise, and five were foolish. They that were foolish took their lamps, and took no oil with them: But the wise took oil in their vessels with their lamps. While the bridegroom tarried, they all slumbered and slept. And at midnight there was a cry made, Behold, the bridegroom cometh; go ye out to meet him. Then all those virgins arose, and trimmed their lamps. And the foolish said unto the wise, Give us of your oil; for our lamps are gone out. But the wise answered, saying, Not so; lest there be not enough for us and you: but go ye rather to them that sell, and buy for yourselves. And while they went to buy, the bridegroom came; and they that were ready went in with him to the marriage: and the door was shut. Afterward came also the other virgins, saying, Lord, Lord, open to us. But he answered and said, Verily I say unto you, I know you not. Watch therefore, for ye know neither the day nor the hour wherein the Son of man cometh.




Împărăţia cerurilor se va asemăna cu zece fecioare, care luând candelele lor, au ieşit în întâmpinarea mirelui. Cinci însă dintre ele erau fără minte, iar cinci înţelepte. Căci cele fără minte, luând candelele, n-au luat cu sine untdelemn. Iar cele înţelepte au luat untdelemn în vase, odată cu candelele lor. Dar mirele întârziind, au aţipit toate şi au adormit. ar la miezul nopţii s-a făcut strigare: Iată, mirele vine! Ieşiţi întru întâmpinarea lui! Atunci s-au deşteptat toate acele fecioare şi au împodobit candelele lor. Şi cele fără minte au zis către cele înţelepte: Daţi-ne din untdelemnul vostru, că se sting candelele noastre. Dar cele înţelepte le-au răspuns, zicând: Nu, ca nu cumva să nu ne ajungă nici nouă şi nici vouă. Mai bine mergeţi la cei ce vând şi cumpăraţi pentru voi. Deci plecând ele ca să cumpere, a venit mirele şi cele ce erau gata au intrat cu el la nuntă şi uşa s-a închis. Iar mai pe urmă, au sosit şi celelalte fecioare, zicând: Doamne, Doamne, deschide-ne nouă. Iar el, răspunzând, a zis: Adevărat zic vouă: Nu vă cunosc pe voi. Drept aceea, privegheaţi, că nu ştiţi ziua, nici ceasul când vine Fiul Omului.




Johann Sebastian Bach: Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 140
I. Chorus: Wachet auf, ruft uns die Stimme [0:00]
II. Recitative: Er kommt [7:09]
III. Aria (duet): Wann kommst du, mein Heil? [8:07]
IV. Chorale: Zion hört die Wächter singen) [14:39]
V. Recitative: So geh herein zu mir [18:38]
VI. Aria (duet): Mein Freund ist mein! [20:15]
VII. Chorale: Gloria sei dir gesungen [26:39]
(video by musicanth)


A church cantata composed in 1731, with the chorale based on the Lutheran hymn Wachet auf, ruft uns die Stimme by Philipp Nicolai. This cantata was first performed in Leipzig on November 25, 1731. Bach later transcribed the fourth movement chorale for organ (BWV 645) and published it along with the Schübler Chorales.




"Wachet auf," ruft uns die Stimme
Der Wächter sehr hoch auf der Zinne,
"Wach auf du Stadt Jerusalem!
Mitternacht heißt diese Stunde!"
Sie rufen uns mit hellem Munde:
"Wo seid ihr klugen Jungfrauen?
Wohlauf, der Bräutigam kommt,
Steht auf, die Lampen nehmt!
Halleluja!
Macht euch bereit zur Hochzeitsfreud;
Ihr müsset ihm entgegengehen!"

Er kommt, er kommt,
der Bräut’gam kommt,
ihr Töchter Zions, kommt heraus,
Sein Ausgang eilet aus der Höhe
in euer Mutter Haus.
Der Bräut’gam kommt, der einen Rehe
und jungen Hirschen gleich
auf denen Hügeln springt
und euch das Mahl der Hochzeit bringt.
Wacht auf, ermuntert euch,
den Bräut’gam zu empfangen;

Wenn kömmst du, mein Heil?
  - Ich komme, dein Teil. -
Ich warte mit brennenden Öle.
Eröffne den Saal
  - Ich öffne den Saal -
zum himmlischen Mahl.
Komm, Jesu.
  - Ich komme, komm, liebliche Seele. -

Zion hört die Wächter singen,
Das Herz tut ihr vor Freuden springen,
Sie wachet und steht eilend auf.
Ihr Freund kommt vom Himmel prächtig,
Von Gnaden stark, von Wahrheit mächtig;
Ihr Licht wird hell, ihr Stern geht auf.
Nun komm, du werte Kron,
Herr Jesu, Gottes Sohn!
Hosianna!
Wir folgen all zum Freudensaal
Und halten mit das Abendmahl.

So geh herein zu mir,
du mir erwählte Braut!
Ich habe mich mit dir
von Ewigkeit vertraut.
Dich will ich auf mein Herz,
auf meinen Arm gleich wie ein Sigel setzen,
und dein betrübtes Aug’ ergötzen.
Vergiß, o Seele, nun
die Angst, den Schmerz,
den du erdulden müssen;
auf meiner Linken sollst du ruhn,
und meine Rechte soll dich küssen.

Mein Freund ist mein,
  -und ich bin sein,-
die Liebe soll nichts scheiden.
Ich will mit dir
  -du sollst mit mir-
im Himmels Rosen weiden,
da Freude die Fülle, da Wonne wird sein.

Gloria sei dir gesungen
Mit Menschen- und mit engelischen Zungen,
Mit Harfen und mit Zimbeln schon.
Von zwölf Perlen sind die Pforten
An deiner Stadt sind wir Konsorten
Der Engel hoch um deinen Thron.
Kein Aug hat je gespürt,
Kein Ohr hat mehr gehört
Solche Freude.
Des sind wir froh, i-o, i-o!
Ewig in dulci jubilo.



(The B A C H motif)

(William Blake)

(Psalter)

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Tuesday, August 07, 2012

Bach: Mass in B minor BWV232

Bach: Messe in h-Moll (Credo). Manuskript
(Mass in B minor, BWV232)
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(The B A C H motif)

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Thursday, March 15, 2012

Beyond B A C H - the Answer of Schoenberg






Arnold Schoenberg (1874-1951): Variazioni per orchestra op.31 (1926/1928)
Sinfonie Orchester des Westdeutschen Rundfunks
Bruno Maderna, conductor
(life, Köln, 1961, Oct 8)
Introduktion. Mäßig, ruhig
Thema. Molto moderato
Variation I. Moderato
Variation II. Langsam
Variation III. Mäßig
Variation IV. Walzertempo
Variation V. Bewegt
Variation VI. Andante
Variation VII. Langsam
Variation VIII. Sehr rasch
Variation IX. L'istesso tempo, aber etwas langsamer
Finale. Mäßig schnell
cover image: painting by Wassily Kandinsky
(video by The Wellesz Company)


(The B A C H motif)

(Musica Nova)

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Beyond B A C H - the Answer of Charles Koechlin

Charles Koechlin (1867-1950)
photo from 1938
Source: Ch. Koechlin Family Archives
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(http://en.wikipedia.org/wiki/File:Charles_Koechlin_%281938%29-r.jpg)


He was a political radical all his life and a passionate enthusiast for such diverse things as medieval music, The Jungle Book of Rudyard Kipling, Johann Sebastian Bach, film stars (especially Lilian Harvey and Ginger Rogers), traveling, stereoscopic photography and socialism. He once said: The artist needs an ivory tower, not as an escape from the world, but as a place where he can view the world and be himself. This tower is for the artist like a lighthouse shining out across the world.


The answer of Koechlin to the challenge of the B A C H motif was his Offrande musicale sur le nom de Bach, Op. 187.

Here is a registration with Radio Sinfonieorchester Stuttgart conducted by Heinz Holliger



Offrande musicale sur le nom de Bach, Op. 187 (1942, orchestrated 1946) Part 1/2
image: sculpture of Bach by Carl Seffner
(video by The Wellesz Company)
I. Choral sur le thème b-a-c-h
II. Canons sur le nom de BACH
III. Fugue sur le nom de BACH
IV. Passacaille
V. Fugue sur le nom de BACH
VI. Polyphonie en imitations accompagnant le thème: BACH
VII. Feuillet d'album (solo piano)
VIII. Deux leçons d'harmonie sur le nom de BACH
a) Chant donné
b) Basse donnée




Offrande musicale sur le nom de Bach, Op. 187 (1942, orchestrated 1946) Part 2/2
image: sculpture of Bach by Carl Seffner
(video by The Wellesz Company)
IX. Divers contrepoints d'école sur des C[hants] D[onnés] avec B A C H
a) Fleuri (rigoureux) à 2 parties
a) bis. Variante sur le même chant donné
b) " Fleuri" (rigoureux) à 3 parties
c) "Fleuri" (rigoureux) à 4 parties
X. Contrepoints plus libres à 4, 5, 6 parties,
avec C[hants] D[onnés] commençant par B A C H
a) Fleuri (libre) à 4 parties
b) Fleuri (libre) à 5 parties
c) Fleuri (libre) à 6 parties
XI. Fugue symétrique sur le nom de BACH
XII. Final



(The B A C H motif)

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Tuesday, March 13, 2012

Beyond B A C H - the Answer of Alfred Schnittke

Alfred Schnittke (1934-1998)
portrait by Reginald Gray
no copyright infringement intended
(http://en.wikipedia.org/wiki/File:Alfred_schnittke.jpg)






(The B A C H motif)

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Sunday, March 11, 2012

Beyond B A C H - the Answer of Busoni

Umberto Boccioni, Portrait of Ferruccio Busoni, 1916
Source: CD Booklet Cover (Tactus TC 860201)
no copyright infringement intended
(http://en.wikipedia.org/wiki/File:Ritratto_di_Busoni,_1916_%28Roberto_Biccioni%29.jpg)


Music was born free; and to win freedom is its destiny


The answer of Busoni to the challenge of B A C H motif was Fantasia contrappuntistica: Preludio corale / Fuga I /Fuga II / Fuga III (on B A C H) / Intermezzo / Variazione I /Variazione II / Variazione III / Cadenza / Fuga IV / Corale / Stretta




Ferruccio Busoni: Fantasia Contrappuntistica, 3rd, final version, 1912
Alvaro Ordoñez - Piano
recorded at Auditorio Olav Roots
Conservatorio de la Universidad Nacional de Colombia, Bogotá, 2003

(video by Alvaro Ordoñez)

In 1907 Busoni was predicting a future music that included the division of the octave into more than the traditional 12 degrees.

(The B A C H motif)

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Wednesday, March 07, 2012

Beyond B A C H - the Valse of Poulenc

Francis Poulenc (1899-1963)
half monk, half thug (le moine et le voyou)
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(http://rogerevansonline.com/2012/01/07/happy-birthday-francis-poulenc/)





Valse-improvisation sur le nom de Bach, FP 62
(1932)

dedicated to Vladimir Horrowitz?
Gabriel Tacchino, piano
Art by Rémi Blanchard

(video by pelodelperro)


(The B A C H motif)

(Musica Nova)

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Tuesday, March 06, 2012

Beyond B A C H - the Answer of Webern


Three tetrachords: the B A C H motif, followed by its inversion (D♯ E C♯ D), and then by a transposition down a minor sixth (G♭ F A♭ G). If we apply an inversion to the whole row, what we get will be its retrograde (G, A♭, F, G♭, D, C♯, E, D♯, H, C, A, B). Sounds difficult? Then, listen to the music: no guts, no glory!




(The B A C H motif)

(Musica Nova)

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Saturday, February 25, 2012

Beyond B A C H - the Permutation Matrix of Zoltán Göncz

Zoltán Göncz: the permutation matrix in Contrapunctus XIV
no copyright infringement intended
(http://en.wikipedia.org/wiki/File:Permutation_matrix_web.png)



I would like to come back to the question of the fourth subject of Contrapunctus XIV: the missing one. Let's recapitulate: Bach didn't finish Contrapunctus XIV (the last in the Art of Fugue), leaving it with three subjects. What differentiated Contrapunctus XIV to the rest of the cycle was that (beside it was unfinished) the main theme was missing, while present in all the other Contrapuncti: for this reason some musicologists even believed that actually it was erroneously considered as part of the Art of Fugue. On the other hand, the third subject of Contrapunctus XIV was no other musical sequence than B A C H, his signature. Naturally that incited the spirits, and people started to look for an answer to what would have been after B A C H, were the composer to finish his opus.

(Let me mention for people less familiarized with fugues, canons, polyphony and all that stuff: subject, theme, and motif are equivalent - all three define the same thing, namely a sequence of musical notes that constitute the vortex of a polyphonic piece - this sequence is played on each voice, where each voice starts this sequence a bit before the previous voice has finished it, which leads to a complex sound in which the melody is wrapping itself - also, let me mention that the fourteen fugues composing the Art of Fugue carry the title of Contrapuncti).

One of the strongest opinions about what was missing in Contrapunctus XIV was brought by Gustav Nottebohm in his article published in 1881. Nottebohm believed that the fourth subject, that was missing, should have been the main theme of the Art of Fugue: Contrapunctus XIV had three sections, and the third one was broken off shortly after the exposition of its subject (B A CH ); a fourth section would have come naturally. He came to that conclusion by studying the structure of the first three sections: it was like they claimed a fourth section to complete the whole.

Nottebohm was followed by other musicians who had more or less similar arguments. It was in the first decade of the 21th century that Zoltán Göncz had the idea of constructing a Permutation Matrix to make obvious the correctness of considering Contrapunctus XIV as potentially a quadruple fugue.

I showed the Permutation Matrix of Zoltán Göncz in the image above and I will refer briefly to each matrix within it (it is actually a set of matrices that follow a permutational logic)

The first matrix on the left shows the beginning of first section of Contrapunctus XIV: the first theme is introduced on the four voices (bass - tenor - alto - soprano). The introduction is followed by a development during which the four voices take again and again the theme and work on it (by using specific mechanisms like transposition, inversion, stretti, etc).

The second matrix shows the beginning of the second section of the Contrapunctus: the second theme is now introduced on the four voices in a different order - alto - soprano - bass - tenor. The development of the second section mixes the two themes, which is possible because each one follows its own sequence of voices: it means that never the two subjects would come on the same voice in the same time.

The third matrix shows the beginning of the third section: the third theme (the famous B A C H) is introduced on the four voices in the order tenor - alto - soprano - bass (which is different from the order followed by each of the previous two subjects).

The fourth matrix shows the continuation of the third section: a development which mixes the three themes which makes possible a fourth section where a fourth subject should be introduced in the order soprano - bass - tenor - alto (the fifth matrix). Finally, the sixth matrix shows the development of the fourth section, where all four themes are mixed.

The whole demonstration can be followed in an article by János Malina, published in 2007 in Hungarian Quarterly:


Based on this, Zoltán Göncz created a reconstruction of Contrapunctus XIV, where the third section in finished and a fourth section follows, using the main theme of the Art of Fugue.




Contrapunctus 14 - reconstruction: Part 1/2
Performed by Gyula Szilágyi (Waalse Kerk, Amsterdam)
Score published by Carus-Verlag, Stuttgart, 2006
(video by Matrix141414)




Contrapunctus 14 - reconstruction: Part 2/2
Performed by Gyula Szilágyi (Waalse Kerk, Amsterdam)
Score published by Carus-Verlag, Stuttgart, 2006
(video by Matrix141414)



(The B A C H motif)

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Beyond B A C H - the Answer of Max Reger


For me, Bach is the be-all and end-all of music; true progress lies and resides in him alone
Max Reger




(The B A C H motif)

(Max Reger)

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Friday, February 24, 2012

Exploring B A C H - the Ricercare of Alfredo Casella


Perhaps the Ricercare sul Nome di B A C H of Alfredo Casella brings in mind the oldest meaning of this form: to search, to play, to exercise - to explore a musical motif, a musical technique, to explore its mood; to meditate over it, over its context, over the world that made possible that motif, that technique.

An exploration made in the 20th century: the Ricercare of Alfredo Casella brings echoes from Debussy, or Ravel, or Enescu, while trying with delicacy to look there, at the times of Baroque.

Glenn Gould is perfect in rendering this piece: a man of the 20th century ignoring all that the 19th brought, speaking only the language of Pre-Classics.





(The B A C H motif)

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Beyond B A C H - Gustav Nottebohm


The last, unfinished fugue composed by Bach, Contrapunctus XIV: is it a fugue with three or four subjects? Both answers could be considered as true.

As it was left by Bach, Contrapunctus XIV has three subjects, and this is its title in the 1751 edition: Fuga a 3 soggetti. Only we should note that this title was given by Bach's son, Carl Philipp Emanuel, while in Bach's obituary it is mentioned a draft for a fugue intended to contain four subjects.

Contrapunctus XIV breaks off soon after the third subject (the famous B A C H) is announced. Were a fourth subject to continue the fugue, would it be any hint about it?

There is a hint: all Contrapuncti within the Art of Fugue use the same main subject. All but Contrapunctus XIV! Had Bach the intention to use the main subject as the coronation of his last fugue?

One of the first musicologists to try an answer was Gustav Nottebohm (a lifelong friend of Brahms and a keen scholar in the realm of Beethoven sketches).

Nottebohm published in 1881 an article where he made the case for Contrapunctus XIV as a quadruple fugue, with the main theme of the Art of Fugue as the forth subject remained undone. He also offered a completion of the work, as a proof of concept.

The ultimate demonstration for the quadruple fugue would be made much later, in the first decade of the 21th century, when Zoltán Göncz constructed the Permutation Matrix to produce the whole four sections of Contrapunctus XIV.

I tried to find the reconstruction of Contrapunctus XIV made by Nottebohm. I discovered it embedded within a section of a Passacaglia (based on the B A C H motif) created in 1993 by American composer Ron Nelson.

Here is how Ron Nelson describes his work (http://www.windrep.org/Passacaglia_%28Homage_on_B-A-C-H%29): a set of continuous variations in moderately slow triple meter built on an eight-measure melody (basso ostinato) which is stated, in various registers, twenty-five times... a seamless series of tableux which move from darkness to light... the textures of the B A C H motif are paraphrased (in an octatonic scale) in the fourth and fifth variations; the seventh variation incorporates Gustav Nottebohm’s resolution (altered) of the unfinished final fugue of The Art of Fugue; the melody from Bach’s Passacaglia in C minor appears once (also altered) in variation nineteen.



(The B A C H motif)

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Art of Fugue: The Main Theme

The main theme in The Art of Fugue is this melody in D minor:

The Main Theme of the Art of Fugue
source: Pfly
no copyright infringement intended
(http://en.wikipedia.org/wiki/File:Kunst_der_Fuge_subject.svg)


Says Christoph Wolff, the governing idea of the Art of Fugue is an exploration in depth of the contrapuntal possibilities inherent in a single musical subject.
(Wikipedia: Christoph Wolff, Johann Sebastian Bach, the Learned Musician, page 433, ISBN 0-393-04825-X)

It is the main theme in the Art of Fugue, while also the missing theme in the last fugue of the cycle, the unfinished Contrapunctus XIV, and scholars have tried to find an answer to this: was maybe Bach intending to come to the theme in D minor and, add it after the B A C H motif, to complete the last fugue?

To illustrate the theme in D minor, here is Contrapunctus I:




And here is Contrapunctus IX, a more complicated piece: a double fugue:




For the recording of this video two instruments were used, as the author explains: a piano and a sampled pipe organ (an Ahlborn-Galanti Silbermann Archiv). The piano has MIDI Out (from a Moog Piano Bar) which was recorded and played back to play the organ.

Here is how the author created the video:
first he videotaped himself playing it, and recorded both the audio (from his Kimball grand piano) and MIDI (from a Moog Piano Bar attached to the piano). Then, he rerecorded the audio and MIDI for each of the four voices separately; he did this so that he could color-code the video based on voice and to get a performance that was a little cleaner (it also afforded him the opportunity to add a 16-foot stop to the bass line in a few places). The conventional score is from screenshots from the notation program Sibelius, and the bar-graph score was generated from the MIDI using his own custom software. All these things were assembled in Adobe Premiere and converted to Flash with the On2 Flix converter.

(The B A C H motif)

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Thursday, February 23, 2012

Beyond B A C H - Arvo Pärt and the Minimalist Answer



A great image of Arvo Pärt, unfolding Bach's sonatas! Pärt is maybe the most obvious example of the profound link between Musica Nova and Baroque. Actually his passion goes much deeper, to the Plainsong and Gregorian Chant., to that very moment when Polyphony started to show its first buds.

Arvo Pärt composed in 1994 a Concerto piccolo über B-A-C-H for trumpet, string orchestra, harpsichord and piano: his answer to the challenge to show the way beyond B-A-C-H. I wanted badly to find a recording, it was impossible. I would have seen how a composer belonging to the Minimalist school was dialoging with Bach; or how could he emphasize the way Bach would sound whether wrapped in Minimalism.

What I found was another work of Arvo Pärt: Collage über BACH - Sarabande. Maybe some answers to the above questions would be found in this work.




(The B A C H motif)

(Arvo Pärt)

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Wednesday, February 22, 2012

Beyond B A C H - the Answer of Liszt


Liszt is fantasizing at the piano, surrounded by the whole artistic elite of his time (the whole event was imagined, of course, by the author of the painting): Dumas-père, George Sand, and Daniel Stern are seated; Berlioz (or maybe Victor Hugo), Niccolò Paganini, and Gioachino Rossini are standing; Byron observes the gathering from a painting hanged on the wall; the statue of Joan of Arc is on the far left; a bust of Beethoven is on the piano; it's made by Anton Dietrich; and the piano itself is made by Conrad Graf.

A great gathering, no doubt about it. Could you imagine Bach among them? Let's re-phrase this question: was there a Romanticist empathy for the Baroque? Generally not, and it seems to me that the passion for the architecture of Baroque music came back in the twentieth century: Schoenberg, Webern, and all others ejusdem farinae were building a totally new world, hence their keen interest for the basic structures (while Romanticists were rebels living still in a well-established universe).

All this is true, while the case of Bach is different. Maybe because his genius has transcended epochs. And it was the Romanticist period that discovered Bachian transcendence. During the epoch of the great Classics he was considered sometimes a bit too old for their taste. It was Mendelssohn who made obvious his perpetual importance.

What have Liszt seen beyond the B A C H bar, the last bar of Bach's last work, the Unfinished Fugue?



The Fantasy and Fugue on the Theme B A C H is the answer brought by Liszt: a dialog between Baroque and Romanticism; an exploration of Romanticist potentialities within a Baroque work; a Romanticist journey throughout the Baroque realm.





(The B A C H motif)

(Liszt)

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